SABINE BARBIER FORMATRICE EN PNL : programmation neuro-linguistique

La PNL à l’école

Par quoi vais-je commencer ?

Ce sujet me passionne tellement que je pourrais vous noyer dans des tonnes d’informations…

A 14 ans, je rentre d’un voyage linguistique en Irlande et je dis à mes parents :

« Je deviendrai prof d’anglais ».

Cette idée, malgré des débuts catastrophiques dans cette matière (5/20 de moyenne au 1 er trimestre de ma 6 ième ) m’a permis de dépasser un certain nombre d’obstacles pour enfin devenir titulaire de l’éducation nationale en 1996…waouhhh !!!

Voilà donc 20 ans que j’enseigne en Lycée Professionnel.

Qu’est-ce qui a changé pendant toutes ces années ? Ma perception des jeunes, de mon métier et mes formations PNL que j’ai financées, m’ont mis un sacré coup de pied au…

7 valeurs m’animent aujourd’hui en temps qu’enseignante :

  • PLAISIR

  • GRATITUDE

  • LIEN

  • DISPONIBILITE

  • TRANSMISSION

  • VALORISATION

  • RESPONSABILISATION

Rappelez-vous ce, ou ces profs qui vous ont passionnés parce qu’ils vivaient leur matière et que vous vous laissiez embarquer par leurs propres émotions !

Est-ce que ces cours ne sont pas restés gravés dans votre mémoire pendant longtemps ?

En savoir plus…

1- LE PLAISIR

Vous aviez du plaisir à venir à leurs cours ? Le plaisir n’est-il pas la base de tout apprentissage ?

Ma 1 ère mission est d’accueillir tous mes élèves avec le sourire et avec un état d’esprit joyeux et curieux, autant que faire se peut.

Etant mélomane, je les accueille souvent avec une musique anglophone récente, surtout en début d’année.

En PNL, on, appelle ça un ancrage auditif car ils passent d’un état émotionnel « neutre » à un état émotionnel « désiré » (plus joyeux).

Cette émotion de joie va s’ancrer avec la répétition du même air de musique à chaque fois qu’ils vont entrer en classe.

(Au passage, je distribue souvent le refrain de ces musiques afin d’exploiter au maximum cette ressource auditive).

A cet ancrage auditif, j’y associe un ancrage visuel en utilisant le vidéoprojecteur. Je projette la version clip + paroles (trouvée sur Youtube) et les élèves qui le désirent peuvent lire, et parfois chanter.

Je me sers aussi de la vidéo projection pour renforcer leur confiance en eux, en mettant sur le bureau de mon ordinateur des citations motivantes et qu’ils ont souvent la curiosité de traduire (une occasion de plus de faire de l’anglais le plus naturellement possible).

La manière de quitter mes élèves conditionne en grande partie l’ambiance lorsque je les retrouve… aussi j’évite de finir le cours sur un désaccord

La fin de chaque séance va conditionner le début de la prochaine , n’est-ce pas le cas dans tous les domaines ?

2- LA GRATITUDE

J’organise toujours en début d’année des présentions croisées (si vous êtes enseignants, je peux vous envoyer le questionnaire type 1 ère année et 2 ième année BAC PRO en PDF).

Le principe étant de laisser les élèves faire connaissance en binôme et de s’interroger sur des questions du type :

  • 3 qualificatifs positifs pour te décrire

  • Un évènement qui a marqué ta vie, etc…

Puis arrive le moment ou un élève présente son camarade. Je profite de cette opportunité pour leur transmettre des valeurs, comme le RESPECT de l’autre dans ce qu’il est, et dans ce qu’il vit, donc ZERO JUGEMENT, en rappelant qu’on ne peut apprendre dans un climat de jugement et de moquerie.

Lorsqu’un élève a présenté un autre élève, je demande au 1 er s’il a des choses à ajouter à sa présentation et s’il est satisfait.

La réponse la plus courante est OUI.

Il manque pourtant quelque chose d’important à mes yeux, en tant qu’enseignante, c’est le moment ou le 1 er remercie son camarade.

La question clé dans ce moment est : Quand tu es satisfait, que fais-tu ? Et là je commence à inculquer ce sens de la gratitude qui va, selon moi, changer beaucoup à leur rapport.

La gratitude est l’ennemi de l’inquiétude.

3- LE LIEN

Une fois installés, mes élèves restent debout et ils ont pour consigne de sortir leurs affaires, lorsque tout le monde est prêt, je les salue et les prie de s’asseoir.

Le 1 er rituel de classe est de leur demander comment ils vont de 1 à 10 , s’ils choisissent 1 c’est qu’ils sont au bout de leur vie, s’ils choisissent 10 c’est qu’ils sont à fond.

C’est un bon moyen pour que chacun soit à l’écoute de l’autre et aussi pour savoir très succinctement où ils en sont, un rituel qui crée un lien car chacun apprend à se soucier de l’autre.

4- LA DISPONIBILITE

Peut-on transmettre à quelqu’un qui n’est pas disponible dans sa tête ?

Je ne crois pas.

Ce premier rituel permet en quelques minutes de considérer chacun dans ce qu’il vit, pour ensuite passer aux choses sérieuses.

Je me souviens de mon adolescence, quand mes soucis familiaux me tracassaient tellement que je rêvais d’en parler à mes professeurs.

Une enseignante, Mme Chuzeville du collège Charles de Foucault à Lyon, m’avait marquée car elle avait compris que j’étais différente et que j’avais besoin d’attention.

Les jeunes les plus « dispersés », « en colère » ou « tristes » se calment très vite lorsqu’ils sont reconnus dans leur sentiment…

5- LA TRANSMISSION

Une fois que la majorité de la classe semble disponible, c’est à dire dans un état d’esprit positif, prête à recevoir de nouvelles informations et surtout à collaborer, le cours « théorique » peut commencer.

Quand les élèves se sentent considérés, respectés dans ce qu’ils sont et dans ce qu’ils vivent, alors ils sont prêts à « donner » de leur énergie, de leur temps et à faire des choses qui vont dans le sens de leur apprentissage.

C’est dans un climat de confiance que la transmission est possible.

6- LA VALORISATION

Mais comment fait-on pour valoriser des « énergumènes » ?

A chaque rentrée, je décide que cela va bien se passer et du coup j’adapte mes comportements à cette intention de départ.

Mon objectif, valoriser au maximum pendant les premières heures de classe afin de donner envie « aux plus durs » d’attirer mon attention par des attitudes constructives (et non pas l’inverse).

Le message que je veux leur transmettre est :

« Toute attitude positive aura ma considération »

Tout est prétexte à remarquer leur talent et à les reconnaître devant leurs camarades.

Je décide que le plaisir sera au rendez-vous et que quoi qu’il arrive (en lycée professionnel, il arrive toujours des imprévus) nous allons passer un bon moment. Par exemple, il m’est arrivé d’avoir des hyperactifs qui, dès le 1er cours attiraient mon attention… Dans ces moments-là, je m’intéresse au jeune et je lui donne la place qu’il réclame tout en le rassurant sur le fait que je serai là, pour lui.

Comment les valoriser ?

7- LA RESPONSABILISATION

Dès que le jeune veut m’aider (en tirant les rideaux ou en ramassant les copies par exemple), je le valorise en lui disant que j’apprécie son initiative et que, s’il le désire, il pourrait être mon assistant.

Une manière de le responsabiliser et de lui donner un rôle, qu’ils ont souvent à cœur de jouer.

La responsabilisation est une clé pour parfois calmer les troubles de la concentration.

Pourquoi ne pas proposer le rôle de différents assistants en début d’année afin de donner du sens à la présence de certains, qui sont parfois là, malgré eux?

Prendre la parole, devant une classe est un exercice qui peut être inhibant pour certains jeunes. Or mon rôle est d’encourager le plus grand nombre.

Ma solution : Lorsqu’un jeune OSE se porter volontaire, j’applaudis et le reste de la classe me suit généralement.

Il m’arrive de rassurer les jeunes en leur disant que la note comptera seulement si elle est supérieure à 10/20.

A la fin de l’exposé, tout le monde applaudit une fois de plus et vient le moment du bilan. J’énumère tout ce qui a été positif et je propose des pistes d’amélioration.

Mon message à l’élève qui vient de passer est :
« Bravo, tu as osé, tu as eu le courage etc…   »

Le message que je souhaite que la classe retienne :
«  C’est cool de passer devant les potes !  »

La PNL m’a permis de mieux communiquer avec mes élèves et comprendre qu’il y a un message derrière chacune de mes actions.

Je garde en tête mon objectif premier : DONNER LE GOÛT D’APPRENDRE !

 

AUTRES APPLICATIONS DE LA PNL A L’ECOLE

1- Une aide à la méthodologie

La PNL permet à chacun de connaître les canaux de perception (visuel auditif ou kinesthésique) qui lui permettent de retenir plus facilement une leçon par exemple.

Lorsqu’on peut faire un bilan précis de ce qui favorise la mémorisation de l’individu, alors on peut envisager des progrès.

Les mouvements oculaires peuvent être aussi utilisés pour soit :

  • Favoriser la mémorisation

  • Déceler le canal de perception prédominant de l’élève etc…

2- Une aide pour lever des blocages

Romain, élève de 3ième :Vient me voir un jour pour me dire qu’il est transi de peur à l’idée de passer devant toute la classe pour jouer la scénette.

Un des principes fondamentaux de la PNL est de reconnecter la personne à la ressource qui lui manque le plus pour « affronter » un évènement stressant, en lui demandant :

« Si tu étais au top, tu serais comment ? »

Je l’oriente sur la solution et il oublie le problème !

Ce jour-là nous sommes arrivés à lever son blocage en 15 mn puisqu’au cours suivant, il s’est porté volontaire pour le jeu de rôle et s’est prouvé qu’il en était capable, donc que c’était possible !

La PNL permet à chacun d’aller puiser dans ses propres ressources pour s’en servir quand l’occasion se présente et du coup agir comme un levier de croissance.

Il n’y a rien de magique à ça, tout vient de nous.

Kelly, élève de Bac Pro :

Kelly manque beaucoup d’assurance, son non-verbal la trahit, elle est recroquevillée sur elle-même et lorsqu’elle parle…c’est comme si elle s’excusait d’exister !

J’ai aidé cette jeune fille à avoir plus confiance en elle, en début d’année et à l’encourager à croire en ses capacités.

Arrivée en Terminale, elle a le projet de partir 3 semaines en stage en Irlande.

2 semaines avant le départ, Kelly a peur, elle n’a jamais pris l’avion. J’ai alors pratiqué ce qu’on appelle en PNL « une préparation mentale » de 40 mn.

Une fois la séance terminée, je lui demande : « Qu’est-ce que ça te fait de partir bientôt en Irlande ? »

Elle me dit avec un large sourire : « C’est comme si j’étais déjà partie ! »

3- Une aide pour motiver et donner un sens à la scolarité

Chaque année, j’offre une séance de 2h de « coaching » à tous mes élèves de seconde afin de leur faire vivre leurs objectifs.

Il s’agit d’un moment qui va leur permettre de ressentir leur objectif comme s’ils y étaient (je les invite à voir, entendre et ressentir).

Puis leur cerveau va faire le reste en les aidant à trouver des solutions en termes de comportement et d’actions…

Ce moment m’a permis de voir que les jeunes les plus « difficiles » étaient souvent des jeunes qui n’avaient pas d’objectif.

Je leur propose alors de s’identifier à une ou des personnes qui les inspirent le plus, afin de permettre au cerveau de trouver un accès à des solutions possibles, au lieu de rester cantonné à la remarque suivante : « Toute façon Mdame, ça a toujours été comme ça ! »

Certains élèves avouent ne pas rêver, certains persuadés que cela peut être dangereux car irréalisable !

Pour avoir vécu et enseigné en Irlande, je remarque que les enfants rêvent davantage là-bas, ils grandissent dans une société ou les légendes de fées, de lutins et autres sont très présentes et où il y a un certain respect à laisser l’individu développer sa personnalité et à accepter sa différence.

Je crois que chacun de mes élèves est un joyau en soi et c’est à nous tous, éducateurs et parents de les aider à croire en eux et en leurs projets.

4- Une aide pour redonner le sourire à une classe qui fait la tête :

Il m’est arrivé d’avoir en face de moi des jeunes inanimés, voire dépités, tristes.

J’ai donc improvisé un cours pour redonner le sourire et « la pêche » à chacun car je n’allais pas aller loin avec autant de « négativité ».

J’ai commencé le cours en remerciant tous les agents du lycée qui s’étaient levés très tôt (parfois 5h du matin) pour nous permettre d’arriver dans des classes propres, chauffées, les agents de la cantine qui œuvraient déjà à préparer le repas de midi pour notre plus grand confort, etc…

Une fois l’exemple fait, je leur pose la question (tout se faisait en anglais bien sûr) :

Et vous, qui remerciez-vous aujourd’hui ? = And you, who do you thank today ?

C’est incroyable comme un tour de table avec ce sentiment de gratitude peut transformer l’humeur d’une classe !